«Je maudis la femme qui t’a mis au monde»

Je vis seule. Je prends mon travail un jour à la fois.

À maintes reprises pendant chaque quart. De manière constante. Violence verbale. Menaces de mort. Dépravation sexuelle.

Un appel dont je me souviens encore aujourd’hui est celui d’un homme qui m’a dit : «Je maudis la femme qui t’as mis au monde.» Ma mère était décédée deux semaines avant cet appel.

Un autre : «Je vais te trouver et faire sauter ta putain de cervelle», sans parler de tous les autres commentaires.

On me traite de «salope». On m’a déjà dit : «Tu peux crever, sale garce». On m’a crié après à des volumes que je ne savais pas qu’une voix humaine pouvait atteindre sans amplificateur.  

Maux de tête chroniques dus au stress. Brûlures d’estomac/Maux de ventre. Piètre qualité de sommeil. Sautes d’humeur. Mon amour propre et ma confiance en moi sont tellement faibles que je suis incapable de penser que je mérite mieux. À cause du déferlement constant d’injures, j’ai tout simplement abandonné. Je fais le travail parce que j’ai des comptes à payer. Je me force à composer avec la situation si je veux avoir un toit où vivre.

Il faut tenir ces gens responsables de la violence verbale qu’ils infligent aux autres. Amendes. Bannissements. Un registre de récidivistes chroniques. Après trois fois, c’est fini. Tu ne comptes plus parmi nos clients. Un peu trop radical, vous me direz? Penserez-vous ainsi le jour où le type qui menace de faire sauter la putain de cervelle d’une personne passera à l’acte? 

Join Basic

ou joignez-vous avec   ou